Pour la première fois de son histoire, mon pays le Gabon sera présent à la Biennale de Venise, à travers la participation de l’un de ses artistes, les plus en vue : Owanto.

Cette présence du Gabon revêt un caractère exceptionnel, pas seulement pour son aspect inédit, mais aussi pour tout ce que cela peut représenter en termes d’images nouvelles, de découvertes et de partage. S’il est vrai que certains pays de l’Afrique du nord et subsaharienne ont été invités à cette manifestation, depuis 1968 avec la participation du Congo, aucune nation de l’Afrique Centrale n’avait été présente avec son propre pavillon.

C’est donc à la fois un véritable honneur et un défi pour le Gabon, car comme toujours, la présence d’un pays du sud résonne comme un écho qui rappelle tous les autres qui n’y sont pas physiquement, mais le sont spirituellement. Une opportunité de pouvoir briser les clichés, et les a priori qui conduisent à bien des malentendus.

La Biennale de Venise, qui est la scène la plus importante de l’art contemporain, verra ainsi la présence du Gabon comme une révolution culturelle. C’est ainsi que nous voulons apparaître. S’il fallait situer la richesse de l’Art au Gabon, on l’inscrirait naturellement dans le masque où le visage de l’homme se transforme à l’infini, détourné, déformé, à travers une multiplicité de styles. Le masque comme suggestion de la présence de cet autre, insaisissable. Se masquer dans nos contrées, c’est prêter vie à une divinité, un esprit, un génie. C’est sans doute cela qui a inspiré les plus grands artistes, notamment Picasso dans sa phase du cubisme. Car l’esthétique de nos masques aux traits épurés ou complexes, a quelque chose de contemporain, d’universel.

Le choix de l’artiste Owanto, s’inscrit parfaitement dans cet héritage car s’entrecroisent dans ses œuvres, tradition et modernité. Nous pouvons affirmer qu’Owanto est l’avant-garde de notre culture dans le domaine des arts visuels, et l’on voudrait qu’elle inspire les talents abondants, mais méconnus, de nombreux jeunes de nos cités. Une double perception qu’elle porte naturellement par son métissage, expression d’un monde universel. Nous remercions le soutien sans faille du commissaire d’exposition, Madame Désirée Maretti pour ses efforts incessants et sa contribution exceptionnelle dans la réalisation du Pavillon de la République du Gabon, ainsi que la collaboration extraordinaire de Monsieur Fernando Francés.

La responsabilité de mon pays, et particulièrement celle du Ministère de la Communication dont j’ai la charge, est de promouvoir et d’investir sur la jeunesse en s’appuyant sur l’expérience des artistes dont la notoriété est établie. Celle d’Owanto grandira davantage, en même temps qu’elle aidera à révéler le Gabon dans l’expression de son art contemporain. Cet enrichissement, résultat du donner et du recevoir, dans un monde en crise, ne peut être que la traduction d’un effort constant.

Enfin, Go nogé mènè c’est faire entrer la tradition dans la modernité d’un monde où l’on joue à saute-frontière, et qui privilégie les cadres de solidarité.

Laure Olga Gondjout

Ministre de la Communication, des Postes, des Télécommunications
et des Nouvelles Technologies de l’Information

(extrait du Catalogue Officiel du Pavillon de la République Gabonaise: Owanto, Le Phare de la Mémoire)